Réseau International Recherche et Génocide (RESIRG) commemore le Génocide commis contre les Tutsis au Rwanda
7 Avril 1994 – 7 Avril 2023: 29 ans, Le pire des pires s’est produit, l’innommable, l’inexprimable, l’inénarrable, l’irreprésentable. Que savons-nous de cette réalité portée à l’échelle d’un peu plus d’un million de victimes qui, avant Raphaël LEMKIN, en 1943, n’avait encore trouvé de nom dans aucune langue?
29 ans de Commémorations des victimes du génocide qui a été perpétré contre les Tutsis du Rwanda, emportant plus d’un million de Tutsis: du plus âgé au plus jeune, et jusqu’à ces fœtus qui ne verront jamais le soleil… Et l’on nous demanderait d’oublier.
« Qui se souvient des Arméniens ? », aurait proféré Adolf HITLER le 22 août 1939, à la veille de l’irréparable qui aura emporté six millions de Juifs. À celles et à ceux qui seraient tentés d’oublier, ou qui sont déjà frappés d’amnésie, voire d’aphasie, Élie WIESEL interpelle, non seulement rescapés ou survivants, mais l’humanité tout entière : « Le bourreau tue deux fois : la première fois par l’épée, la deuxième fois par l’oubli. »
Cette année, la commémoration de ce 7 avril survient au moment où les signes avant- coureurs d’un génocide apparaissent dans un pays voisin du Rwanda, comme si le “Plus jamais ça“, proclamé au lendemain de la Shoah, était vain ou utopique.
Dans notre communiqué du 19 décembre 2022, nous avions lancé un appel, une interpellation, des plus urgentes, dans le contexte d’une guerre civile en République Démocratique du Congo (RDC).
Émanant d’autorités à la fois officielles et publiques, des discours de haine et des appels à la violence procèdent à la stigmatisation des Tutsis Rwandophones Congolais et à la démolition des symboles, tels des temples majoritairement attribués auxdits Tutsis.
Le mode opératoire ici rappelle l’hypothèse de John GREGORY STANTON, hypothèse qui se décline en 10 étapes : classification, symbolisation, discriminations, déshumanisation, organisation, polarisation, préparation, persécution, projet d’extermination, déni du génocide. Dans une impunité évidente, les incitations à la haine et au nettoyage ethnique sont relayées par les médias sociaux, qui s’en donnent à cœur joie, car implicitement ou explicitement soutenues par les plus hautes autorités du pays.
L’histoire nous montre que la communauté internationale a, malheureusement, dans le passé, largement ignoré de tels appels, jusqu’à ce que survienne le pire. Il existe un risque, ici aussi, d’une intervention tardive. Or, plus tard risque alors d’être trop tard.
Pourtant, l’Organisation des Nations Unies, ainsi que certains Gouvernements et Organisations, ont développé des mécanismes dits « d’alertes précoces », reposant, notamment, sur des observateurs sur le terrain, pour intervenir en temps utile, avec des moyens légaux, sur le double plan humanitaire et militaire. Nous espérons que l’ONU, qui a désigné le 7 avril comme « Journée internationale de réflexion sur le génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda » tire, déjà, les leçons du passé, et n’assiste pas, passivement, au développement de massacres de masse, comme il l’a fait pour le génocide des Tutsis du Rwanda.
Prenant toute la mesure de sa mission, de ses buts et de ses objectifs, le Réseau International Recherche et Génocide (RESIRG Asbl) envisage de mener des travaux de recherche, non seulement sur la préservation de la mémoire des victimes dudit génocide, mais il est aussi résolu à alerter le public, sur toute éventualité de génocide, pour que soit toujours allumé le flambeau du “Plus jamais ça.” : « Le processus de déshumanisation mené à son terme inspire une réflexion inépuisable sur la conscience et la dignité des hommes, car le pire est toujours possible » (Simone Veil, discour à l’ONU, 29 janvier 2007)
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